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Asile : droit de réponse à la bien-pensance

Au cours d’une émission lundi matin avec Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFM, j’ai prononcé la phrase suivante :

 « Aujourd’hui, un réfugié politique, en France, il a droit à 700 euros par mois, il a une priorité au logement, il a droit au transport gratuit, toutes sortes de choses auxquelles la famille modeste ici n’a pas droit »

Comme je m’y attendais, j’ai immédiatement été accusé d’ « intox », d’ « exagérations », ou de mensonges, puisque mes propos étaient qualifiés de faux aussi bien par France Info, que par lemonde.fr, ou encore Libération, les temples du politiquement correct et de la bien-pensance sur le sujet.

Décidément, l’omerta continue sur l’immigration en France, et il ne fait pas bon de dire le vrai aux Français, sous peine d’être immédiatement dénoncé en place publique.

Je maintiens la totalité de ces propos. Mes détracteurs confirment d’ailleurs le chiffre de 700 euros, confirment les aides aux transports, mais tirent prétexte de la complexité de la règlementation française pour balayer d’un revers de main le débat qui devrait pourtant s’imposer sur le coût de l’immigration en France au vu notamment de l’afflux massif et sans précédent dans l’Histoire de migrants en Europe, qu’ils soient réfugiés politiques ou réfugiés économiques.

Dois-je rappeler que les chiffres officiels évoquent entre 800 000 et un million de personnes pour la seule année 2015 ? Essentiellement en direction de l’Allemagne, il est vrai, ce qui autorise le Ministre français de l’intérieur à affirmer benoitement que le nombre de réfugiés politiques supplémentaires que la France acceptera dans les deux prochaines années se limitera à 30 000 personnes. 30 000, c’est au rythme actuel le nombre de personnes arrivées en trois jours dans l’Union européenne.

Je conseillerai à mes contempteurs de vérifier la véracité des chiffres du Ministre de l’Intérieur, tant ils paraissent ridiculement bas par rapport à la vague migratoire que nous allons inévitablement connaitre.

Mais revenons à mes chiffres.

Mes détracteurs prétendent que ces propos sont « faux », en se fondant sur des arguties juridiques. Pour avoir longuement siégé en première lecture, en décembre 2014, lors de la discussion de la future loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme de l’Asile, je n’ignore pas que les demandeurs d’asile en France bénéficient d’une aide temporaire en attendant l’instruction de leur demande d’asile.

Selon la Cour des Comptes qui les a dénoncés, et selon l’étude d’impact qui a été jointe à la discussion du projet de loi de l’époque, ces délais d’instruction atteignent en moyenne deux ans. Ce qui entraine pour la collectivité un coût estimé par la même Cour des Comptes à environ 1 milliard d’euros.

Après promulgation de la loi du 29 juillet 2015, les demandeurs d’asile ont vu leurs prestations modifiées par un décret qui vient de sortir, le 21 octobre 2015. Ce décret fusionne l’ancienne allocation temporaire d’attente (ATA) et l’allocation mensuelle de subsistance (AMS) et prévoit un tableau précis d’allocation journalière échelonnée entre 6,80 euros par jour et pour une personne seule, et 37,40 euros pour une famille de dix personnes. Si bien que l’aide versée dès l’arrivée en France à quelqu’un qui demande l’asile, s’échelonne entre 200 et  1200 euros par mois.

Le chiffre que j’ai cité, de 700 euros, correspond à une famille de six personnes. J’ai également indiqué que les demandeurs d’asile disposaient d’une priorité au logement, et je maintiens cela, puisque ces demandeurs d’asile sont soit logés en centre d’accueil des demandeurs d’asile (CADA), mais comme les places en CADA sont saturées, ces demandeurs sont logés en hébergement d’urgence c’est-à-dire le plus souvent dans  des hôtels, les nuitées étant payées par le contribuable.

Voilà ce qui explique en partie le coût très élevé de l’entretien de demandeurs d’asile.

Ceux-ci disposent aussi de soins gratuits. Le seul coût de l’aide médicale d’Etat (AME) cette année, budgété à 750 millions d’euros dans la loi de finances actuellement en discussion, dépassera en fait 1.1 milliard d’euros, d’après le rapport très fouillé de mon collègue Claude Goasguen, rendu public hier.

S’ajoutent à ces allocations de subsistance et à la couverture de soins d’autres aides indirectes : les facilités dans les transports (réduction tarifaire d’au moins 50 % sur les titres de transport) ; des offres de loisirs gratuits sont également prévues par des municipalités comme celle de Paris où les piscines sont gratuites. Les demandeurs d’asile bénéficient aussi d’une aide alimentaire et vestimentaire etc.

Au total, si l’on met bout à bout le coût de l’examen des demandes d’asile et le coût de l’AME, ce sont plus de deux milliards d’euros qui sont ainsi consacrés à l’instruction de la demande d’Asile, une somme qui est loin d’être négligeable, quoi que semblent en dire mes contradicteurs. Les Français apprécieront !

Vient alors l’étape suivante : la situation de ces demandeurs, une fois leur dossier examiné.

Plus de 80 % d’entre eux voient leur demande rejetée. Ces personnes en effet ne sont pas des réfugiés politiques, mais le plus souvent, des réfugiés économiques.

Or celles-ci, dans l’essentiel des cas, restent en France et deviennent alors des clandestins, aimablement appelés aujourd’hui « sans-papiers ». La Cour des Comptes, estime en effet  qu’à peine 6% des déboutés du droit d’asile sont reconduits dans leur pays d’origine, ce qui a dernièrement mis en fureur le Premier ministre Manuel Valls, et a donné lieu à une controverse entre le Premier ministre et le Premier Président de la Cour des comptes, Didier Migaud.

Reste que, comme chacun le sait, ces sans-papiers demeurés en France finissent par être régularisés, Leurs enfants sont scolarisés. Ils bénéficient de l’AME et sont également une charge pour la Nation.

Quant aux personnes considérées comme de véritables réfugiés politiques, celles-ci disposent d’un titre de séjour régulier au titre du droit d’asile. Elles ont accès à toutes sortes de dispositifs, à commencer par un « contrat d’accueil et d’intégration ». Elles ont le droit de travailler, elles ont le droit au regroupement familial, elles bénéficient aussi de toutes les prestations sociales, au cas où ces personnes n’obtiendraient pas un travail.

Voilà ce que j’ai voulu dire.

Il ne sert à rien de prétendre  masquer cette vérité difficile à admettre pour des millions de Français qui vivent modestement, qui travaillent, et qui, bien souvent, n’ont pas accès aux mêmes prestations. Ces vérités sont dérangeantes, elles n’en demeurent pas moins des vérités.


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