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15 fév 2017 / Droit, Médias

Le Parlement européen ratifie le CETA : un passage en force au mépris des droits souverains des Etats

Le Parlement européen a ratifié aujourd’hui l’Accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA), ouvrant ainsi la voie à la mise en œuvre de l’accord dès le 1er mars, comme le veut la Commission européenne.

Or, à aucun moment ce Traité n‘a été examiné au fond par le Parlement français ou par les autres Parlements des pays membres de l’Union européenne, alors même que les Gouvernements avaient reconnus ce Traité comme « mixte », c’est-à-dire nécessitant l’approbation des Parlements nationaux et pas seulement du Parlement européen.

La Commission européenne a donc réussi le passage en force qu’elle souhaitait depuis l’origine, en obtenant l’application « provisoire » de l’Accord, au mépris des droits souverains des États.

Voilà une nouvelle preuve du divorce démocratique qui malheureusement s’est installé dans le fonctionnement des institutions européennes et que ne manqueront pas d’exploiter les populistes de tout crin.

Cette affaire doit nous amener à revoir de fond en comble le processus de négociation et de ratification des accords commerciaux passés par l’Union européenne, sous peine de voir s’aggraver le risque de délitement de l’Union.

Pierre Lellouche

Député de la 1ère circonscription de Paris

11 fév 2017 / Médias, Radio

Invité d’Alain Finkielkraut sur France Culture

Ce samedi 11 février 2017, j’étais l’invité d’Alain Finkielkraut pour son émission Répliques sur France culture, pour débattre avec Jean-Pierre Chevènement des « Nouveaux défis de la France ».

Émission à réécouter sur le site France Culture

Dans son livre « ma France »(Maren Sell) le philosophe Peter Sloterdijk écrit : «  Si l’on devait résumer en une seule phrase le changement de conscience des européens au cours de la période qui a suivi 1945 elle devrait sans doute exprimer sommairement l’état de fait suivant : les habitants de cette partie de la guerre, épuisés par les excès et les dépenses de l’ère 1914-1945 ont tourné le dos aux passions historiques pour développer à leur place un modus vivendi post historique. Avec leur entrée dans l’ombre des catastrophes, les européens ont tranché contre le style tragique et épique de l’existence . Ils ont choisi une forme de coexistence dans laquelle la civilisation prend la place de la tragédie, la négociation celle de l’épopée . » Les attentats islamistes de 2015 et 2016 ont ébranlé ce modus vivendi . L’histoire a fait brutalement son retour sur le territoire qui l’avait congédié ce qui , comme l’écrivent mes invités Pierre Lellouche et Jean-Pierre Chevènement, nous a plongé dans un état de sidération.

La sidération c’est la stupeur; mais la vie a continué avec ses fêtes et ses deuils et la question demeure que je pose à mes invités : que nous arrive-t-il ?

(source : Franceculture.fr, page de l’émission Répliques)

 

8 fév 2017 / Médias, Vidéo

Invité de Michel Zlotowski pour l’émission « Cinq questions à… » diffusée sur Akadem

J’étais l’invité de Michel Zlotowski pour un entretien autour de mon dernier livre, Une Guerre Sans fin, paru en janvier dernier aux éditions du Cerf.

Émission à revoir sur Akadem.org

8 fév 2017 / Médias, Radio

Invité culture de Patrick Poivre d’Arvor sur Radio classique

Ce mardi 7 février 2017, j’étais l’ « invité culture » de Patrick Poivre d’Arvor.

Émission à réécouter sur Radio classique.

 

 

6 fév 2017 / Médias

« Une Guerre Sans fin » : la critique de mon dernier livre par Eric Delbecque sur le Figaro.fr

Le djihadisme, héritier du fascisme, du nazisme et du soviétisme ?

Par Eric Delbecque

6 février 2017

FIGAROVOX/TRIBUNE – Eric Delbecque a lu l’ouvrage Une guerre sans fin du député Pierre Lellouche consacré à la menace planétaire de l’islamisme radical. Il y voit une contribution riche, fournie et cohérente à l’étude du phénomène «totalitaire» du 21e siècle.

Eric Delbecque est président de l’Association pour la compétitivité et la sécurité économique (ACSE) et directeur du département intelligence stratégique de SIFARIS. Avec Christian Harbulot, il vient de publier L’impuissance française: une idéologie? (éd. Uppr, 2016).

Le livre de Pierre Lellouche, Une guerre sans fin (éd. du Cerf) est apparemment celui d’un néoconservateur à l’américaine… Il y dénonce très classiquement le relativisme moral dont font preuve une partie des Occidentaux vis-à-vis des salafistes, et il appelle à une réaction bien davantage musclée contre tous les soutiens de l’intégrisme islamiste.

L’ancien ministre s’assume en faucon extrêmement résolu qui déteste franchement toute complaisance – dans le débat hexagonal au premier chef – envers ce qui mine la confiance de l’Occident en lui-même. Pour aller au fond des choses, on peut même avoir l’impression qu’il n’est pas loin d’adhérer à la thèse du «choc des civilisations» de Samuel Huntington.

Il est pourtant nécessaire de dépasser les apparences. Si l’on peut trouver ses positions tranchantes, il n’en reste pas moins que son analyse présente un grand mérite: celle de la cohérence. De plus, enracinée dans un travail de fond impressionnant, elle déploie une vision parfaitement lucide du salafisme djihadiste. Il ne cesse, à juste titre, de le qualifier de totalitarisme.

De ce point de vue, son décryptage est incontestable: le djihadisme s’impose comme l’héritier du fascisme, du nazisme et du soviétisme. Il incarne au XXIe siècle la menace fasciste et totalitaire. Il ne s’agit pas de sombrer dans l’anachronisme, mais de noter une filiation et une identité de nature, où plutôt de constater qu’une analogie est possible. Ces quatre idéologies dérivent d’une matrice commune, un modèle holiste de fonctionnement social dans lequel l’individu n’est rien.

Quelle est l’étape suivante de son raisonnement? Que l’immigration massive en Europe de populations qui ne partagent pas nos idées et nos codes culturels (notamment la laïcité et les valeurs démocratiques) fragilise le tissu social et favorise la propagation du fondamentalisme (qui constitue aux yeux de Pierre Lellouche l’une des véritables menaces contre laquelle il convient de lutter, le djihadisme en constituant une conséquence mécanique).

Il pose donc le constat suivant: deux sociétés distinctes cohabitent sur le même territoire, elles vivent côte à côte, mais s’éloignent de plus en plus l’une de l’autre. «La première continue de rechercher toujours plus de droits individuels, en évacuant toute contrainte morale, religieuse et bien entendu nationale, mais s’inquiète confusément de «ne plus se sentir chez elle». La seconde, poussée par les plus jeunes, rejette en bloc ce modèle et cherche au contraire, autour de la religion, à conforter des règles morales et sociales fortes».

Faut-il conclure que le député juge irréconciliables les différentes communautés sur le territoire national? Non. Il explique très clairement que le nœud gordien à trancher est celui du choix de la loi qui s’applique en dernier ressort: celle de la République ou celle de la Charia. C’est au sein de la communauté musulmane de France que doit se régler cette question.

Ce qui doit être établi une fois pour toutes, c’est que les convictions religieuses appartiennent à la dynamique de l’intériorité, et ne régulent pas l’existence de la cité, espace d’interaction d’une galaxie de consciences aux perceptions du monde les plus variées. Une culture élémentaire les rassemble néanmoins, qui repose sur quelques règles affirmant la liberté de conscience, l’égalité homme/femme, et la désirabilité de société ouvertes.

Par ailleurs, Pierre Lellouche appelle parallèlement à en finir avec la repentance et la négation de notre Histoire. Il encourage aussi à la responsabilité, comme dans ces lignes fortes: «Tant que l’Europe n’aura pas accepté d’appréhender le monde tel qu’il est, en acceptant ses bouleversements et ses menaces, tant qu’elle n’aura pas réinvesti le registre de la puissance et du recours à la force, elle sera incapable de distinguer ses amis de ses ennemis. Nous ne ferons rien pour les premiers et rien contre les autres. Et la France devra prendre ses responsabilités, au besoin seule. La solitude dans l’action valant mieux, pour une grande nation, que l’immobilisme des puissances éteintes».

L’ouvrage impressionne par sa densité et les connaissances de l’auteur en matière de relations internationales. Les perspectives analytiques qu’il ouvre sur l’approfondissement du fonctionnement de l’échiquier de la puissance mondiale, allant des Etats-Unis à la Russie en passant par l’ensemble des pays du Moyen-Orient, excitent la curiosité et le désir de raisonner dans de vastes horizons stratégiques.

Personnalité souvent caricaturée, Pierre Lellouche affirme dans ces pages – de manière magistrale – que sa pensée mérite une écoute attentive, qu’il excède de loin le niveau habituel des réflexions de nos politiciens, et qu’affirmer un désaccord avec certaines de ses conclusions exige d’affûter ses arguments… A lire absolument.

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